Humeur


Bayrou a fait un choix, personnel.

Il reconnaît qu’au sein du MoDem il y a des sensibilités, diverses.
Enfin, ai-je envie de dire. Des sensibilités plutôt à gauche, plutôt à droite et aussi au centre.

Mon choix personnel n’est pas une posture, c’est un choix aussi légitime et réfléchi que d’autres. Les errements de l’un ne rendent pas ceux de l’autre moins importants.

Je voterai blanc parce que j’ai le sentiment que c’est le meilleur choix eu égard à ce qui nous est proposé. Malheureusement, 30 ans de bipartisme et de dérives de la vie politique font en sorte que ce vote n’est pas pris en compte. Et ce n’est toujours pas une raison pour moi de choisir l’un ou l’autre des projets dont j’estime qu’ils ne seront pas en mesure d’être utiles à la France.

Voter blanc, c’est voter blanc. Ce n’est pas ne pas choisir. Ne pas choisir c’est ne pas aller voter.

Et moi aussi, personnellement j’ai choisi.


		
	

Bon.
Après avoir relu les programmes de messieurs Sarkozy et Hollande, rayé tout ce que j’y trouvais de négatif, laissé ce que je trouvais de plus intéressant, une décision s’impose à moi.

Je vote blanc.

Il n’est pas question pour moi au nom de barrer la route d’un président condescendant qui a aggravé notre dette de 500 milliards d’euros supplémentaires (certes en se prenant la crise dans la tronche, qu’aurait fait Royal ?), que je vote et appelle à faire voter Hollande (vous faites bien ce que vous voulez) dont le programme m’apparaît au mieux comme douteux, au pire comme irréaliste vues les dépenses à engager et les perspectives très optimistes de croissance sur lesquelles il s’appuie.

Aujourd’hui même, l’Espagne est obligée de trouver 10 milliards d’euros supplémentaires dans son budget et coupe dans la santé et l’éducation. Aujourd’hui même, l’Italie est obligée d’emprunter 3.5 milliards d’euros à des taux qui montent en flêche. Aujourd’hui enfin, les Pays Bas s’inquiètent, le gouvernement démissione sur fond de perte de leur triple A. (Vous pouvez vérifier c’est dans l’actualité du jour). Et Hollande veut augmenter le nombre de fonctionnaires et la prime de rentrée scolaire ? La crise des dettes nationales s’arrêterait-elle aux frontières comme le nuage de Tchernobyl ?

Il est donc hors de question pour moi d’inciter à voter Hollande.

Je voterai donc blanc et retrousserai mes manches pour retrouver un boulot ou remonter une entreprise, cesser de coûter à la collectivité en percevant le chômage, gagner de l’argent pour faire marcher les sociétés autour de moi (on a besoin d’installer de nouveaux radiateurs chez moi et une pompe à chaleur si possible, voilà qui fera bosser et rentrer des charges).

Le vote blanc est aussi légitime que n’importe quel autre choix. Quand on souhaite exprimer qu’aucun des choix qui nous est proposé n’apparaît comme bon, c’est aussi responsable que d’en choisir un. J’en ai soupé des « voter blanc c’est voter Sarkozy ».

Voter blanc, c’est voter blanc.

 

Je propose une autre lecture des sondages ce matin :

-29% pour le pouvoir en place qui a échoué sur l’emploi, creusé le déficit de 500 milliards supplémentaires et fait l’objet de soupçons sur les campagnes précédentes.

– 28,5% pour l’opposition sempiternelle qui propose de créer des dizaines de milliers d’emplois publics et dépenser comme si la crise n’existait pas.

– Environ 30% pour ceux qui veulent fermer nos frontières aux étrangers ou aux produits étrangers, sortir de l’Europe et de l’Euro.

– Moins de 10% pour ceux qui voient la vérité des comptes publics en face, veulent réduire nos dépenses et retrouver une industrie créatrice d’emploi.

– Et enfin moins de 2% pour ceux qui défendent l’écologie et un modèle de société non basé sur la croissance.

Nous sommes en 2012.

Et c’est de la France dont je parle.

Demain est un autre jour.

Si vous vous souvenez de la mythologie grecque, ou si vous vous rapellez comme moi très bien la série Ulysse 31, vous savez à quelle peine absurde était condamné Sisyphe pour avoir osé défier les dieux. Le pauvre homme devait, à bout de bras, remonter le long d’une pente un lourd rocher, qui, immanquablement, retombait une fois le sommet presqu’atteint. Et ainsi de suite, pour l’éternité.

Je crains que notre pauvre pays ne soit dans la même situation démocratique.

Tout part d’un épisode, quasi rituel, de chacune des précédentes élections présidentielles : la soit disante difficulté pour le Front National à atteindre les 500 signatures. C’en est presqu’un slogan de campagne tellement la mécanique est rodée. Au final, le candidat Le Pen a les 500 sésames et peut se présenter. Au final, et à une exception près, le pays doit faire le sempiternel choix entre la droite et la gauche. Et ainsi de suite. Pour l’éternité ?

Cette fois-ci, il semble que le parti d’extrême droite ait de réelles difficultés à obtenir les parrainages requis. Ce qui était une gentille petite comédie repétée à chaque fin de mandat prend soudain des airs de tragédie. Au point que certains se réjouissent de voir Marine Le Pen dans l’impossibilité de se présenter.

Comme dirait Dupont-Aignan (dont je ne partage pas les convictions mais j’admire le courage), debout la République ! On sait très bien pourquoi Marine Le Pen rame à avoir les 500 autographes. Chaque maire, ou chaque élu pouvant parrainer subit tout simplement les pressions de l’appareil du parti auquel il est affilié (pour certains plus ou moins). Chaque collectivité (canton, département, région) dispose de dotations à distribuer selon certains projets. Si de grandes villes n’ont que faire de ces subsides, cela peut en revanche représenter 10 voire 20% du budget d’une petite commune  ou village. Et comme le parrainage n’est pas anonyme… Vous imaginez très bien la scène : parrainez bien et vous serez récompensé, parrainez mal et c’est ceinture pendant une mandature. Quand on veut être réelu au (petit) niveau local, se priver de dotations, c’est ballot…

Pour en revenir au plan national, UMP et PS n’ont qu’une seule idée du FN : comment en tirer le maximum de voix pour l’un, comment affaiblir l’adversaire pour l’autre. Ce serait peut-être « bien joué » si c’était un sport, malheureusement il s’agit d’un des plus grands moments de notre démocratie qui doit permettre à toutes et à tous, fut-il honnis ou méprisé, d’être représenté dans le débat.

Bayrou ne propose pas de répartir les parrainages mais d’en discuter : c’est le principe même de la démocratie. Il n’y a que les media pour interpréter à leur manière ce qu’a pourtant clairement expliqué hier soir et ce matin François Bayrou. Quand dans un pays tel que le nôtre, le pluralisme est à ce point mis en danger, cela devient l’affaire de tous les partis et pas d’un seul.

Quand j’entends Valls ce matin réagir en disant que Bayrou propose « une arrière boutique pour distribuer les parrainages », c’est la mauvaise foi qui se fout de l’hôpital de l’hypocrisie. Le PS a bien signé un odieux accord avec Europe Ecologie Les Verts à l’issue des primaires socialistes, c’est-y pas de la bonne arrière boutique ça ma bonne dame ? Et si c’était à Eva Joly que manquaient les fameuses 500 signatures, vous ne croyez pas qu’on crierait au scandale national au PS ?

Et si on pensait à la partie de la population qui prévoit de voter pour le FN ? Certes, je suis persuadé qu’ils se trompent, qu’ils l’envisagent pour de mauvaises raisons, mais j’ai envie de débattre publiquement avec eux, dans les règles du jeu. Pour les battre à la loyale, et pas par un forfait monté de toutes pièces par deux appareils qui se disputent le pouvoir depuis 30 ou 40 ans et qui nous ont menés dans la situation économique, sociale et environnementale dans laquelle nous nous trouvons.

Alors est-ce faire le jeu du Front National que de permettre à chaque force politique de pouvoir présenter son projet ?

Ou est-ce tout simplement faire le jeu de la démocratie ?

 

Demain est un autre jour.

 

 

 

Les tractations entre le PS et EELV m’énervent. A chaque présidentielle c’est la même comédie : les Verts jouent les vierges effarouchées (« Enlevez moi ce nucléaire que je ne saurai voir ») et le PS joue l’apaisement en disant que tout le monde est d’accord, que tout le monde s’aime et que ça va être la grande victoire. Or cette fois-ci, non seulement ce petit pas de deux ne dupe plus personne, mais en plus vient se rajouter une confusion bienvenue, mettant à jour une partie de la cuisine électorale en jeu. Dans quelques jours, le raté aura été « corrigé », les media parleront d’autre chose et on se rendormira jusqu’à l’entre deux tours où si par malheur on se retrouve avec Sarko et Hollande, les responsable d’EELV ressortiront du placard, poussiéreux, leur « nous serons fermes sur nos objectifs mais nous appelons à voter à gauche ». Circulez, y’a rien (de neuf) à voir…

Bien évidemment, tout cela relève plus du rôle de composition que de vraies avancées démocratiques. C’est NKM, que je n’apprécie pourtant que modérement, qui a trouvé l’expression juste : EELV et le PS ont mis face à face la carte des centrales nucléaires et la carte des circonscriptions françaises. Quoi de si choquant dans cette République qui fait désormais plus de place à la négociation de postes et de nominations qu’à l’intérêt général ?

Et bien il y a tout de choquant à contempler une nouvelle fois ce navrant spectacle à l’horizon 2012. Si sur le fond la question énergétique et écologique est un vrai challenge pour les années et les générations à venir, il y a quelque chose de pourri à la voir prise en otage pour des négociations purement électoralistes.

Sur le fond, le bon sens commande d’avoir plusieurs solutions pour l’energie. A l’heure où le pétrole devient plus rare et donc plus cher, il est temps d’avoir plusieurs cordes à son arc : nucléaire moderne, éolien, géothermie, solaire, hydroéléctrique. L’abandon du nucléaire en totalité relève du symbole et en temps de crise financière, la question du prix de l’énergie et l’autonomie énergétique n’a pas besoin de symboles mais de solutions. Nous sommes actuellement exportateurs d’énergie (voir ici), l’un des rares points qui viennent un tant soit peu améliorer notre balance commerciale. La fermeture de toute centrale nucléaire viendrait non seulement porter un nouveau et sérieux coup à nos exportations mais nous mettraient de plus en situation de devoir acheter, très cher, de l’energie à nos voisins. En ce sens, je trouve intéressante et modérée la proposition d’Hollande lors des primaires (vous savez ces trois émissions où on parlait vraiment de projet de fond à des heures de grande écoute, ça me manque déjà…) : passer de 75% à 50% de nucléaire dans un premier temps permettra de dégager des marges de manoeuvre et créer des opportunités pour faire progresser le solaire, l’éolien entre autres. Reste à indiquer clairement, et sans parti pris, comment on s’y prend et comment on reconvertit les emplois liés à cette baisse d’activité nucléaire.

Un ami (il se reconnaîtra) suggérait récemment ceci : il faudra bien démanteler certaines anciennes centrales nucléaires (Fessenheim étant l’exemple qui vient le plus rapidement à l’esprit). Et si l’on conduisait AREVA à convertir et spécialiser une partie de son personnel au démantelement propre de ces anciennes centrales ? Et si on en faisait une spécificité française, un savoir faire internationalement reconnu ? Je vous parie mon billet que d’ici quelques années, les commandes de service d’autres pays afflueraient en masse. Qui a dit green business à l’envers ?

Demain est un autre jour.

 

 

Bonjour et bienvenue sur mon modeste blog.

J’aurai à coeur ici de vous faire part de mes réflexions sur la vie politique en général, la campagne présidentielle et l’actualité du Mouvement Démocrate. A force de lire la prose  de mes illustres semblables (#Cécile #Romain #Stéphane et d’autres), à savoir de jeunes gens (mais si, mais si) qui ont un engagement politique et parfois même en vivent (ce n’est pas sale…), je me suis décidé à franchir le pas et venir, je l’espère, enrichir le débat.

J’inaugure ce petit ilôt du Web au lendemain de la primaire socialiste. Une coïncidence ? Pas vraiment … Je ne peux m’empêcher de pester contre certains titres de la presse du style « Sarkozy tient son adversaire » et autres « Ca sera Hollande vs. Sarko ». Ca y est. Ne militez plus, ne débattez plus, inutile de vous fatiguer, le second tour est déjà décidé, gardez vos forces pour l’entre deux tours… Au cliché du deuxième tour courru d’avance, faut-il ressortir celui du 21 avril 2002 et sa surprise générale ? Les media ont-ils à ce point la mémoire courte ? A-t-on déjà oublié tous les sondages qui donnaient Ségolène Royal gagnante face à Nicolas Sarkozy en 2007 ?

OK pour les phrases d’accroche, pour les manchettes tape à l’oeil, il faut bien vendre du papier (un peu du moins). Mais retomber dans le bipartisme primaire (tiens on retrouve le mot) après avoir passé quelques semaines, agréables je l’avoue, de débat de fond au pays des socialistes ça ressemble à du gâchis. Et comme Mélenchon qui réclame désormais un débat public avec Hollande pour échanger quelques arguments, j’espère d’autres rendez-vous de la sorte à propos du fond, et beaucoup moins sur la forme. Quand je vois les réactions des personnalités UMP hier soir, qui n’avaient qu’à se baisser pour ramasser les (désormais oubliés ?) arguments d’Aubry contre Hollande, je me dit que tout ça ne vole pas bien haut.

La dernière des choses que je souhaite, c’est qu’après ce qu’il faut qualifier de joli élan démocratique que fut cette primaire au PS (ou citoyenne si on est fan de Baylet), on retombe dans les sempiternels travers droite/gauche. Je l’ai déjà expliqué à quelques amis sur Facebook : il n’y aura rien de pire pour notre pays en 2012 qu’un alternance bête et méchante.  Bête parce que c’est précisément  40 ans d’alternance gauche-droite au pouvoir qui nous ont conduit là où nous en sommes. Et notamment sur la dette publique (comme le montre ce graphique). Méchante parce que  l’alternance ne promet  qu’une chose : ceux qui ont perdu le pouvoir insulteront ceux qui l’on récupéré qui eux conspueront l’ancienne majorité.

Notre pays ne vaut pas cela. La présidentielle qui vient est une énième occasion d’avoir le grand débat national que la situation exige. Dans ces moments là, il faudra écouter tous les arguments, toutes les voix, toutes les solutions, et ne pas se focaliser sur les deux camps qui inlassablement ont gâché le pouvoir depuis des décennies, fait fuir les citoyens des urnes et plus grave, confisquent les moyens de changer réellement les choses.

C’est à travers ce modeste blog qu’en tant que conseiller national du MoDem j’essaierai calmement et posément de mettre en lumière certaines propositions, pas forcément toujours issues du MoDem ou des écrits de Bayrou, mais qui me paraîtront aller dans le bon sens. Avec toujours un seul objectif : redonner à mon niveau un peu de souffle à notre démocratie qui en a bien besoin.

Demain est un autre jour.

 

 

PS : La photo qui illustre l’entête du blog représente le lac du Salagou qui fut le cadre de mon enfance sous le chaud soleil de l’Hérault.