Les tractations entre le PS et EELV m’énervent. A chaque présidentielle c’est la même comédie : les Verts jouent les vierges effarouchées (« Enlevez moi ce nucléaire que je ne saurai voir ») et le PS joue l’apaisement en disant que tout le monde est d’accord, que tout le monde s’aime et que ça va être la grande victoire. Or cette fois-ci, non seulement ce petit pas de deux ne dupe plus personne, mais en plus vient se rajouter une confusion bienvenue, mettant à jour une partie de la cuisine électorale en jeu. Dans quelques jours, le raté aura été « corrigé », les media parleront d’autre chose et on se rendormira jusqu’à l’entre deux tours où si par malheur on se retrouve avec Sarko et Hollande, les responsable d’EELV ressortiront du placard, poussiéreux, leur « nous serons fermes sur nos objectifs mais nous appelons à voter à gauche ». Circulez, y’a rien (de neuf) à voir…

Bien évidemment, tout cela relève plus du rôle de composition que de vraies avancées démocratiques. C’est NKM, que je n’apprécie pourtant que modérement, qui a trouvé l’expression juste : EELV et le PS ont mis face à face la carte des centrales nucléaires et la carte des circonscriptions françaises. Quoi de si choquant dans cette République qui fait désormais plus de place à la négociation de postes et de nominations qu’à l’intérêt général ?

Et bien il y a tout de choquant à contempler une nouvelle fois ce navrant spectacle à l’horizon 2012. Si sur le fond la question énergétique et écologique est un vrai challenge pour les années et les générations à venir, il y a quelque chose de pourri à la voir prise en otage pour des négociations purement électoralistes.

Sur le fond, le bon sens commande d’avoir plusieurs solutions pour l’energie. A l’heure où le pétrole devient plus rare et donc plus cher, il est temps d’avoir plusieurs cordes à son arc : nucléaire moderne, éolien, géothermie, solaire, hydroéléctrique. L’abandon du nucléaire en totalité relève du symbole et en temps de crise financière, la question du prix de l’énergie et l’autonomie énergétique n’a pas besoin de symboles mais de solutions. Nous sommes actuellement exportateurs d’énergie (voir ici), l’un des rares points qui viennent un tant soit peu améliorer notre balance commerciale. La fermeture de toute centrale nucléaire viendrait non seulement porter un nouveau et sérieux coup à nos exportations mais nous mettraient de plus en situation de devoir acheter, très cher, de l’energie à nos voisins. En ce sens, je trouve intéressante et modérée la proposition d’Hollande lors des primaires (vous savez ces trois émissions où on parlait vraiment de projet de fond à des heures de grande écoute, ça me manque déjà…) : passer de 75% à 50% de nucléaire dans un premier temps permettra de dégager des marges de manoeuvre et créer des opportunités pour faire progresser le solaire, l’éolien entre autres. Reste à indiquer clairement, et sans parti pris, comment on s’y prend et comment on reconvertit les emplois liés à cette baisse d’activité nucléaire.

Un ami (il se reconnaîtra) suggérait récemment ceci : il faudra bien démanteler certaines anciennes centrales nucléaires (Fessenheim étant l’exemple qui vient le plus rapidement à l’esprit). Et si l’on conduisait AREVA à convertir et spécialiser une partie de son personnel au démantelement propre de ces anciennes centrales ? Et si on en faisait une spécificité française, un savoir faire internationalement reconnu ? Je vous parie mon billet que d’ici quelques années, les commandes de service d’autres pays afflueraient en masse. Qui a dit green business à l’envers ?

Demain est un autre jour.

 

 

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