Fonctionnement de la République


Bayrou a fait un choix, personnel.

Il reconnaît qu’au sein du MoDem il y a des sensibilités, diverses.
Enfin, ai-je envie de dire. Des sensibilités plutôt à gauche, plutôt à droite et aussi au centre.

Mon choix personnel n’est pas une posture, c’est un choix aussi légitime et réfléchi que d’autres. Les errements de l’un ne rendent pas ceux de l’autre moins importants.

Je voterai blanc parce que j’ai le sentiment que c’est le meilleur choix eu égard à ce qui nous est proposé. Malheureusement, 30 ans de bipartisme et de dérives de la vie politique font en sorte que ce vote n’est pas pris en compte. Et ce n’est toujours pas une raison pour moi de choisir l’un ou l’autre des projets dont j’estime qu’ils ne seront pas en mesure d’être utiles à la France.

Voter blanc, c’est voter blanc. Ce n’est pas ne pas choisir. Ne pas choisir c’est ne pas aller voter.

Et moi aussi, personnellement j’ai choisi.


		
	

Si vous vous souvenez de la mythologie grecque, ou si vous vous rapellez comme moi très bien la série Ulysse 31, vous savez à quelle peine absurde était condamné Sisyphe pour avoir osé défier les dieux. Le pauvre homme devait, à bout de bras, remonter le long d’une pente un lourd rocher, qui, immanquablement, retombait une fois le sommet presqu’atteint. Et ainsi de suite, pour l’éternité.

Je crains que notre pauvre pays ne soit dans la même situation démocratique.

Tout part d’un épisode, quasi rituel, de chacune des précédentes élections présidentielles : la soit disante difficulté pour le Front National à atteindre les 500 signatures. C’en est presqu’un slogan de campagne tellement la mécanique est rodée. Au final, le candidat Le Pen a les 500 sésames et peut se présenter. Au final, et à une exception près, le pays doit faire le sempiternel choix entre la droite et la gauche. Et ainsi de suite. Pour l’éternité ?

Cette fois-ci, il semble que le parti d’extrême droite ait de réelles difficultés à obtenir les parrainages requis. Ce qui était une gentille petite comédie repétée à chaque fin de mandat prend soudain des airs de tragédie. Au point que certains se réjouissent de voir Marine Le Pen dans l’impossibilité de se présenter.

Comme dirait Dupont-Aignan (dont je ne partage pas les convictions mais j’admire le courage), debout la République ! On sait très bien pourquoi Marine Le Pen rame à avoir les 500 autographes. Chaque maire, ou chaque élu pouvant parrainer subit tout simplement les pressions de l’appareil du parti auquel il est affilié (pour certains plus ou moins). Chaque collectivité (canton, département, région) dispose de dotations à distribuer selon certains projets. Si de grandes villes n’ont que faire de ces subsides, cela peut en revanche représenter 10 voire 20% du budget d’une petite commune  ou village. Et comme le parrainage n’est pas anonyme… Vous imaginez très bien la scène : parrainez bien et vous serez récompensé, parrainez mal et c’est ceinture pendant une mandature. Quand on veut être réelu au (petit) niveau local, se priver de dotations, c’est ballot…

Pour en revenir au plan national, UMP et PS n’ont qu’une seule idée du FN : comment en tirer le maximum de voix pour l’un, comment affaiblir l’adversaire pour l’autre. Ce serait peut-être « bien joué » si c’était un sport, malheureusement il s’agit d’un des plus grands moments de notre démocratie qui doit permettre à toutes et à tous, fut-il honnis ou méprisé, d’être représenté dans le débat.

Bayrou ne propose pas de répartir les parrainages mais d’en discuter : c’est le principe même de la démocratie. Il n’y a que les media pour interpréter à leur manière ce qu’a pourtant clairement expliqué hier soir et ce matin François Bayrou. Quand dans un pays tel que le nôtre, le pluralisme est à ce point mis en danger, cela devient l’affaire de tous les partis et pas d’un seul.

Quand j’entends Valls ce matin réagir en disant que Bayrou propose « une arrière boutique pour distribuer les parrainages », c’est la mauvaise foi qui se fout de l’hôpital de l’hypocrisie. Le PS a bien signé un odieux accord avec Europe Ecologie Les Verts à l’issue des primaires socialistes, c’est-y pas de la bonne arrière boutique ça ma bonne dame ? Et si c’était à Eva Joly que manquaient les fameuses 500 signatures, vous ne croyez pas qu’on crierait au scandale national au PS ?

Et si on pensait à la partie de la population qui prévoit de voter pour le FN ? Certes, je suis persuadé qu’ils se trompent, qu’ils l’envisagent pour de mauvaises raisons, mais j’ai envie de débattre publiquement avec eux, dans les règles du jeu. Pour les battre à la loyale, et pas par un forfait monté de toutes pièces par deux appareils qui se disputent le pouvoir depuis 30 ou 40 ans et qui nous ont menés dans la situation économique, sociale et environnementale dans laquelle nous nous trouvons.

Alors est-ce faire le jeu du Front National que de permettre à chaque force politique de pouvoir présenter son projet ?

Ou est-ce tout simplement faire le jeu de la démocratie ?

 

Demain est un autre jour.

 

 

 

Le Conseil National qui s’est déroulé le samedi 26 novembre dernier fut l’occasion pour les conseillers nationaux MoDem d’approuver la candidature de François Bayrou à l’élection présidentielle, non pas seulement candidat d’un ou de partis, mais candidat pour une majorité centrale.

A l’heure où un sondage exprime que nos concitoyens sont à 82% démoralisés voire résignés par la situation dans laquelle ils se trouvent, le défi auquel doit faire face la France est selon le président du MoDem « le plus important depuis celui qu’a trouvé le général de Gaulle au sortir de la 2eme guerre ». Or, à efforts exceptionnels, il faut des réponses politiques exceptionnelles.

L’alternance classique voulu par le Parti Socialiste ne pourra pas fonctionner. Ce simple principe de vase communiquant ne pourra apporter les réponses dont le pays a besoin. Le programme présenté à ce jour par le PS et l’accord signé à la va vite avec Europe Ecologie ne nous semble pas à la hauteur des enjeux. La présidentielle doit être l’occasion de présenter une vision sincère et cohérente pour le pays, pas de négocier sur l’essentiel de ce que l’on croit.

Après l’intervention de François Bayrou sur TF1 jeudi soir dernier qui a rassemblé plus d’un million de téléspectateurs supplémentaires que celle de Martine Aubry, il est de la responsabilité du MoDem d’afficher une équipe de campagne soudée et cohérente, de présenter un Agenda 2012-2020 précis et courageux pour redonner à la France l’élan nécessaire dans les domaines qui lui permettront de dépasser la crise actuelle : produire en France, instruire convenablement, construire une démocratie exemplaire.

Pour cela, le MoDem enregistre les soutiens ou le retour de personnalités politiques de tous horizons, qui se reconnaissent dans la volonté d’un effort collectif et non partisan, dans un esprit d’union nationale. Le MoDem a prouvé qu’il était possible d’être au centre de la politique française de manière indépendante, brisant l’idée d’un centre inféodé à une partie de la droite. Comment en effet pouvoir espérer apporter quelque chose à un projet politique national d’envergure en étant dépendant ou en souhaitant la victoire d’un autre parti ? C’est en toute transparence et sans rien renier de ce qu’est le MoDem que nous pourrons apparaître légitimes, crédibles et surtout rassembleurs de toutes celles et ceux qui veulent un véritable changement.

Les interrogations européennes sont également très fortes dans un contexte où l’affichage maladroit d’un couple franco-allemand décidant de tout est contraire à la philosophie de l’Europe. Mario Monti, le nouveau président du conseil italien n’a pas manqué de le rappeler. L’Europe est devenu un labyrinthe institutionnel que plus personne ne comprend, y compris les plus éclairés. La plupart des responsables européens ont été choisis pour ne pas faire d’ombre explique François Bayrou, il ne faut donc pas s’étonner qu’ils aient si peu de prise sur les difficultés que traverse l’Euro. Alors qu’il fallait bâtir une place forte, commune, où aurait régné la confiance pour régler les problèmes de dettes souveraine, nous avons laissé les banques et même une autre puissance économique, la Chine, intervenir dans nos affaires européennes. François Bayrou assure que ça n’aurait jamais été la position de la France s’il avait été en charge.

Nous avons une grande responsabilité pour 2012. Celle de nous faire entendre des français dans des conditions que François Bayrou estime comme plus favorable qu’en 2007. Nicolas Sarkozy jouissait d’une image énergique. Aujourd’hui, aucun des domaines dans lesquels il avait promis le changement ne s’est amélioré. Ségolène Royal bénéficiait d’une certaine aura, qui a été dilapidée au lendemain de l’élection de 2007.

Le comportement des observateurs a changé vis à vis du centre indépendant que nous représentons. Le fait d’avoir été les premiers à alerter sur les problèmes de dette nationale nous place aujourd’hui dans une position de crédibilité.

Aujourd’hui, le MoDem présentera son équipe de campagne, son calendrier et la méthode qui sera mise en place pour l’élaboration du projet qui sera porté par François Bayrou.

Le projet non pas d’un parti, ni de partis, mais un projet central, capable de fédérer les citoyens autours de nos trois grandes priorités. Car la France ne pourra pas être gouvernée, être profondément changée à 50 contre 50.

Nous aurons l’occasion de proposer d’aller au delà de cela, fort de notre indépendance et confiant d’avoir eu raison depuis ces dernières années.

 

Demain est un autre jour.

 

Ce week-end a été marqué, en plus de la fin de la primaire socialiste, par une candidature singulière au poste de procureur de Paris. Pour diriger le parquet de Paris, le Garde des Sceaux a en effet lui-même proposé son propre directeur de cabinet. 

Dans le contexte d’une république si peu irréprochable, quand un ministre de la Justice veut faire nommer un membre de son cabinet magistrat de la république, le doute et la suspicion gagnent les commentateurs. Je sais depuis longtemps que la démocratie n’a pas à être soutenue par la vertu mais par des règles transparentes et des mécanismes de séparation des pouvoirs.

Certes, il est prévu dans un tel cas de nomination que le Conseil Supérieur de la Magistrature soit consulté. Mais cet avis n’est que purement consultatif et qu’il serait très mal vu que le CSM ne suive pas l’avis du Ministre de tutelle, ou que ce dernier aille à l’encontre de l’avis du CSM. Tu es d’accord avec moi et je suis d’accord avec toi et tout le monde est content.

La question qui se pose n’est pas sur la qualité et les aptitudes des femmes et des hommes qui sont ainsi régulièrement proposés ou nommés de façon discrétionaire par le pouvoir. C’est la méthode de nomination qui pose problème. Depuis 2007, François Bayrou et le MoDem ont proposé que de telles nominations aux hautes fonctions de l’Etat soit effectuées dans le cadre du Parlement, avec une majorité des 3/5eme. A fortiori à des postes concernant la justice, il me paraît préférable que les personnes nommées le soient grâce à consensus de parlementaires, avec une règle de majorité qui dépasse les clivages majorité, minorités habituels et garantit l’indépendance.

Cette règle consolide les institutions démocratiques. Elle permet des nominations claires, concertées, basées sur les qualités et l’expérience des candidats. Elle offre légitimité et reconnaissance aux personnes nommées, et écarte le népotisme et les jeux d’influence des responsabilités visées.

J’ai noté lors des primaires que le Parti Socialiste, au plan national, converge vers cette proposition défendue par le MoDem depuis 2007. L’antériorité de nos convictions sur le sujet nous permet de dire qu’il faudra plus que quelques déclarations pour nous convaincre de la sincérité de l’engagement sur ce point, souvent oublié une fois au pouvoir.

Pour aller plus loin sur le sujet, un article du Monde.fr.

Note rédigée en collobaration avec Eric Lafond.

Demain est un autre jour…

 

EDIT : Ce soir c’est la République des Blogs  à 20 heures au Cooking Jack, 52 rue de l’Université (Lyon 7e). Venez nombreux !