janvier 2012


Puisqu’il est encore temps … je vous présente tous mes voeux personnels pour 2012. Surtout des voeux d’épanouissement dans vos vies, vos actions, vos familles. Je vous souhaite d’avoir ce sentiment si fort d’avoir participé à quelque chose de plus grand, qui nous dépasse, et qui apporte aux autres plus qu’on aurait imaginé. A tous les niveaux, famille, association, dans votre travail. Il n’est pas de meilleur épanouissement que celui d’avoir réussi à se mettre au service des autres.

Collectivement, je souhaite que 2012 soit une année qui compte, et non pas, comme ce fut le cas auparavant, une année comme les autres.

Face à la dette de notre pays, à ses multiples déficits, à son commerce extérieur, terrible hémorragie d’emplois comme l’attestent les récents chiffres, face à un monde de plus en plus intransigeant, je souhaite que nous prenions tous conscience de l’enjeu de l’éléction qui s’approche.

Les solutions, les mesures qui ont été discutées, proposées, et souvent galvaudées au cours des dernières décennies ne peuvent pas nous sortir de la situation actuelle aujourd’hui. Ce dont notre pays a besoin va au delà des mesures, au delà du catalogue de remèdes à financer.

Nous avons besoin de changer notre façon de voir et de faire la politique. Nous avons besoin de créer, au moins une fois, une majorité nouvelle. Nous avons besoin d’être tous acteurs de notre vie collective, de notre destin en tant que nation. Et cela passe nécessairement par un renouvellement sans précédent de la classe politique française.

La notion de gouvernement d’union nationale est une expression un peu pompeuse pour désigner quelque chose de simple et raisonnable. Il s’agit de confier la réflexion et l’action de notre pays à des personnes nouvelles, compétentes dans leur domaine, sans parti pris ni doctrine pré-établis. Il s’agit pour chacun d’entre nous de dire que notre voix compte, et que la gouvernance de notre pays n’est pas une tâche si compliquée ou si peu attirante qu’on doive la laisser à des professionnels de la politique.

Les professionnels de la politique ont échoué. Ils nous ont menés là où nous nous trouvons. A des niveaux de chômage record, à une fragilisation extrême de nos PME, à un endettement vertigineux dont il est difficile de mesurer intuitivement le niveau abyssal. Mais surtout, à un tel niveau de désintéressement de la politique par le peuple, qu’il leur assure une constante ré-éléction. Ce dernier point n’est pas le moins important, car lorsque seulement 25% de la population entière d’un pays élit en définitive son dirigeant principal, et quand ce dirigeant est issu de deux camps s’affrontant perpetuellement , faisant et défaisant ce qu’a fait le précédent, comment peut-ont espérer raisonnablement progresser et améliorer la situation ?

On m’a souvent dit que la Veme République ne pouvait fonctionner que par le bi-partisme. Je n’en crois rien. Ce qui m’interesse c’est moins ce pour quoi ont été faites les choses, que ce qu’elle peuvent faire en réalité. La Veme République exige une  majorité au parlement et au sénat. Soit. Et au nom de quoi cette majorité devrait-elle être issue d’un bloc parmi deux ?

Si pour certains le changement c’est maintenant, alors autant obtenir le véritable changement. Celui d’une majorité nouvelle, issue non seulement de personnes politiques mais aussi de personne comme on dit de la société civile, d’experts dans les domaines économiques, sociologiques, écologiques, de l’éducation, de la science et de la recherche, de la sécurité. Cela a été essayé auparavant ? Pas avec assez de conviction, ou bien à des postes vitrines, « pour faire comme ».

Quel mal, quel problème y-a-t-il à aller chercher dans notre pays et dans tous les domaines des personnes qui ne sont pas des politiciens depuis des décennies pour s’occuper de la France ? Sans dénigrer l’engagement de longue date d’hommes et de femmes politiques, dont les plus nombreux ne sont pas dans les media mais sur le terrain, n’est-il pas envisageable d’avoir un gouvernement doublement expérimenté à la fois dans le domaine politique au sens propre et dans les différents domaines à gouverner ? Cela paraît-il si fou, à l’heure où ce qui l’est véritablement c’est notre dérive ?

La France, pays des Lumières, pays des droits de l’homme, modèle dans l’Histoire de tant de progrès, la France ne peut-elle pas une fois encore montrer une nouvelle voie ? Celle qui dépasse les clivages habituels pour unir son peuple dans une volonté commune de s’en sortir.

Le gouvernement actuel n’a que très tardivement pris la mesure de notre situation, et improvisé des mesures d’austérité pour tenter de créer l’illusion qu’il a bien géré la crise.
Celui qui nous est présenté comme l’alternative la plus crédible dans les sondages a récement affiché un train de mesures qui s’il n’est pas dénué de tout avantage (la volonté de justice fiscale en est un)  a le terrible défaut de n’être pas réalisable. La lucidité, c’est d’être lucide jusqu’au bout et non pas d’annoncer qu’on ne pourra pas tout faire, pour proposer ensuite de tout faire !

Ce dont nous avons collectivement besoin c’est d’un changement radical de méthode, de façon de penser, d’une véritable obsession du produire en France pour retrouver la seule solution à notre crise : recréer des emplois chez nous. Et cela ne se fera pas sans que notre éducation retrouve une qualité telle qu’on abandonne pas des enfants ne sachant pas lire, des étudiants avec des diplômes vides de sens ou sans possibilité réelle d’un emploi.

Ca passe par une vaste consultation, un immense débat d’enjeu national avec tous les concernés, secteur par secteur. Un vrai débat où la décision n’est pas prise à l’avance par celui qui le propose, au nom de telle ou telle idéologie ou pour flatter telle catégorie d’électeurs. A celles et ceux qui réclament du concret, de l’action, tout de suite, maintenant, je leur réponds clairement que ce n’est pas la bonne méthode. Que la navigation à vue nous a montré ses limites.

Dans notre état d’urgence nous avons encore le temps, certes compté, de nous poser les bonnes questions, de nous fixer des objectifs et de trouver ensemble les moyens pour les atteindre. Cela passera notamment par aborder, sans tabou, sans préjugé et sans procès d’intention, la question du droit du travail en France. Sujet qui dès qu’il est abordé provoque la foudre des syndicats y voyant là l’occasion de détruire la condition salariale. Il faudra avoir un autre type de comportement car à force de mettre les partenaires sociaux autour de tables rondes pour justement tourner en rond, on a certainement oublié de trouver le chemin, qui existe, afin de trouver l’intérêt commun entre celui qui emploi et celui qui est employé. Pour que chacun y trouve son compte.

Il faudra aussi remettre en cause l’orthodoxie de la sainte Education Nationale qui exige la même façon d’instruire partout et pour tout le monde, en changeant cette même façon pratiquement tous les deux ans ! Nos professeurs ont du talent, ils ont des idées, des méthodes, des astuces pour adapter la transmission du savoir à ceux qui doivent le recevoir. Ce n’est pas qu’une question de moyens, une questions de gros sous. C’est une question de faire différemment et cette question mérite d’être posée.

Il faudra enfin revoir le contrat entre nos élus et les citoyens :  le non cumul voire un nombre de mandats limités, l’indépendance de la Justice dans les affaires (qui ne coûte pas un sou au pays, il suffit de laisser faire la justice !), le pluralisme à l’assemblée et dans les différentes collectivités. Tous ces points sonnent comme des évidences et sont pourtant les Arlésiennes de notre vie publique depuis des années.

Nous avons réellement le pouvoir de changer cela. Ce pouvoir nous ne l’avons que tous les 5 ans. Et de 5 ans en 5 ans, les choses ne se sont pas améliorées jusqu’à présent.

Mon souhait pour 2012, c’est que chacun y pense. Résolument.

Bonne année 2012.

 

Demain est un autre jour.

 

 

 

Voilà qu’a ressurgi, brutalement, le débat sur la TVA sociale.

Sauf que cette fois, il reste pratiquement 100 jours avant vous savez quoi et que ça sent le passage en force à plein nez ? Alors ?

Volonté de faire parler d’autre chose que de Karachi ? Envie de l’UMP de mettre le nez des Socialistes dans le domaine économique où le mot « dépense publique » fait office d’épouvantail  ?

Bon… au moins on parle de concret,  de projet. A voir si ça resistera longtemps à l’affaire du « sale mec » ou toute autre polémique à durée de vie limitée mais au fort pouvoir de diversion…

Toujours est-il que l’objectif de cette TVA dite « sociale » est d’augmenter la TVA afin de permettre un allégement des charges pesant sur le coût du travail. Dit comme ça, ça paraît être une bonne idée, ça paraît innovant, on dirait du protectionnisme malin et acceptable mais … ça ne marchera pas.

Pour avoir dirigé pendant 7 ans une PME d’une quinzaine de salariés, je peux vous affirmer que ça ne fonctionnera pas. Gagner une poignée de pourcent d’allègement sur les charges patronales et salariales relèvera du saupoudrage. Ce sera quasiment imperceptible. Ce qui le sera beaucoup moins, c’est l’impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs français, déjà pietiné par la crise, par le chômage, par les augmentations de ce début d’année et autres.

Cela fait des années que la droite ou la gauche pratiquent une politique d’allègement des charges, de contrats aidés ceci, de machins allégés cela. Or voyons le résultat : toujours plus de chômage, toujours plus de déficit commercial et la compétitivité de nos entreprises en berne.

En Allemagne, la moyenne de salariés dans les PME est plus elevée qu’en France (autour de 80 salariés en moyenne par PME outre Rhin pour 20-25 en France). Ce chiffre explique en partie la mise en pratique de cette mesure chez nos voisins et son succès. Quant à sa transposition et son succès chez nous…

Une mesure proposée en 2007 par François Bayrou avait été jugée efficace par un cabinet d’économistes indépendants : les fameux 2 emplois sans charges pendant 5 ans. J’espère qu’une mesure de ce genre sera proposée à nouveau en 2012 car tout doit être fait pour que les PME, qui peinent en plus à obtenir du crédit pour se développer, puissent au moins embaucher plus facilement.

On sent intuitivement que dans le paysage français, le plombier, le coiffeur, le garagiste, l’artisan ne sont pas loin de pouvoir embaucher une ou deux personnes supplémentaires. Parfois, ils y renoncent par peur du coût salarial, par les barrières à la fois psychologiques et économiques que représentent le licenciement. Et sans bras supplémentaires, impossible d’accepter un nouveau marché, une nouvelle affaire, impossible de se développer. On en reste à son étage en regardant dubitativement l’étage supérieur en se disant qu’il est hors de portée.

Ce qu’il faut c’est aider l’emploi, aider le mécanisme qui fait que l’on peut embaucher. A l’époque dans mon studio j’avais pu embaucher 3 personnes supplémentaires grâce au contrat CNE (nouvelle embauche). Pas par idéologie de droite. Pas pour le plaisir de pouvoir me « débarrasser » des salariés plus facilement.

Mais parce que cela permettait de répondre à de nouveaux clients, en étant serein au niveau de l’embauche. Sans mettre en jeu toute l’entreprise et les autres emplois qu’elle comptait, nous avons alors pu développer un peu plus notre activité, à notre rythme, sans trop de craintes.

Libérons vraiment l’emploi. Levons les barrières qui sont un frein à l’embauche. Travaillons vraiment ces sujets, des dizaines de milliers d’entreprises attendent vraiment cela. Sans renier le minimum social qu’il faut garantir à chaque salarié.

Il sera intéressant de voir quelles propositions voire quelles contre propositions seront présentées lors du prochain sommet social.

Si seule la TVA sociale est présentée pour améliorer la compétitivité des entreprises et l’emploi, je crains que nous ne courrions à un nouvel echec. Et chaque nouvel echec désormais sera payé au prix fort.

 

Demain est un autre jour.